Le Bardo Thödol est le livre des morts tibetains ou « grande doctrine de libération par l’audition et la vision ».Bardo, litt ; Bar= entre Do= deux , entre deux états, entre la mort entre la mort et la naissance, état crépusculaire ( cf Marcel Picard dans son livre sur les Tarots p 212). Les sources d’information de ce document proviennent du Dr Raoul Hawary. Le Bardo constitue chez les tibétains un ensemble de mondes intermédiaires dans lesquels nous accédons tous grâce à un processus de transformation psychique basé sur la névrose. Pour y pénétrer, il faut se libérer du bruit qui peut être extérieur ou intérieur. La personne névrosée est certainement celle qui éprouve le plus de difficulté à se libérer du bruit intérieur.Nous vivons dans le monde dit de la manifestation formelle. Notre psyché créée perpétuellement des formes. Au moment de son incarnation, le docteur Raoul Hawary eut la vision de ses parents le procréant. Deux corps s’animèrent et il fut ramené sur la lettre W ( voir infra). Son père tuait sa mère en même temps qu’il la fécondait et il comprit que les lettres W et M étaient similaires. Le Waw (w) est sauvé par le Mem (m) .Ainsi le chiffre 13 est associé à la Vierge Marie.Louis XIII Lui consacre son royaume. Les apparitions de Fatima se produisent le treizième jour du mois. La scène primitive est donc ainsi celle de l’Incarnation donc la réunion de deux mondes, de deux matrices, spirituelle et corporelle. Ces évènements sont inscrits dans l’alphabet hébraïque avec les lettres Daleth et Beth en particulier. (Voir les textes infra sur le sujet). En arrivant dans le monde de la forme nous pénétrons dans l’univers diabolique qui est celui de la division. La lettre Daleth correspondant au chiffre 4 est celui de la matière comme celui du phantasme sexuel soit la dualité multipliée par elle-mêm. Dans ce monde manifesté formes et pensées peuvent nous vampiriser jusqu'à l'aliénation. Il est d’ailleurs à noter que le thème de l’Incarnation du Christ est une tentative réussie de retour à l’unité. Dans ce monde, formes et pensées sont à la base de la souffrance. Les cinq sens informent notre mental qui constitue un sixième sens. Le corps lieu de notre expérimentation est une énergie qui ne meurt pas. La mort est un passage de la conscience énergétique à la conscience spirituelle non duelle. Sur terre, tout homme est ignorant. Toute pensée est une projection de la conscience (voir C.G. Jung ) et rien d’autre car nous ne connaissons pas notre Etre. L’homme est retenu dans ce segment microbien de l’univers que constitue son corps par la jouissance, la libido. La jouissance est rabotée par la souffrance qu’elle contient, ce qui implique qu’elle ne puisse être atteinte totalement. Or le plaisir se cache précisément dans la souffrance refoulée. Nous jouissons des objets en tant qu’objet en nous identifiant à des objets qui valorisent notre orgueil. De nous même, nous ne savons rien en tant que sujet, quoique l’illusion forge des considérations absolues. Dans le livre C G Jung parle ( Buchet/ Chastel), je lis ces lignes : ( page 234) « tout en parlant, je ne suis conscient de moi-même, mais seulement dans une certaine mesure. Il se passe bien des choses. Par exemple, je fais des gestes dont je ne suis pas conscient. Ils se font inconsciemment. Vous pouvez les voir. Je puis utiliser des mots et ne plus me souvenir de les avoir utilisés, et même sur le moment, je puis ne pas en être conscient. Ainsi toute une quantité de contenus inconscients se manifestent dans mon état conscient et je ne suis jamais totalement conscient de moi-même. Tandis que j’essaie d’élaborer un argument, au même moment des processus inconscients continuent, peut-être un rêve de la nuit dernière ou une partie de moi s’évade et pense à Dieu sait quoi, à telle ou telle personne que j’ai vue. etc.…. ». Il n’y a guère de différence entre le monde de l’éveil et celui du sommeil. Le corps, la pensée et les sens constituent une illusion. Ils existent donc ils sont au dehors (ex) de l’Etre. Au sein de la plus forte émotion, nous rêvons. C’est l’imaginaire duel. Le rêve de l’homme est une expansion de lui-même. Paradoxalement la vraie liberté serait alors une réduction ,d’où l’idée du monastère impliquant solitude et abdication de la liberté .La mort également n’est pas. Elle existe donc nous ne cessons de mourir. La vie elle-même est conçue dans la division et comme une suite d’évènements séquentiels que l’on appelle « le temps ». Le temps historique est en dehors du champ de pensée. Le temps est cependant vécu comme une énergie. Notre univers résulte de la courbure espace temps. Il n’y eut qu’un seul homme et il ne demeure qu’un seul homme qui modela tous les autres, ( l’Adam Kadmon). Les événements du monde matériel sont des miroirs qui façonnent nos consciences. Marc Aurèle a pu écrire dans ses pensées : « songe comment les événements qui se produisent se sont produits se produisent et se reproduiront ». Des bombes atomiques ont explosé il y a de millénaires de cela. N’ai-je pas déjà existé ?. Comment puis-je exister maintenant et après si je n’ai pas existé avant ?. Durant notre vie, notre conscience engendre toutes sortes d’orientations et d’opinions qui varient en fonction de l’âge, des circonstances matérielles environnantes. La conscience s’identifie à sa périphérie. L’histoire mondiale humaine déroule un flot d’évènements chaotiques et absurdes. Dans notre existence présente demeure un bardo (monde intermédiaire) de la mort. Nous sommes en contact avec nos descendants comme nos ascendants et avec ses derniers, par le rêve, le monde astral monde intermédiaire entre la vie et la mort, l’aether, quitessence des élément à travers laquelle se meuvent les éléments du cosmos. Ces défunts nous visitent, par exemple pour demander de l’aide. Quel est le rapport de notre vie avec celle de nos ancêtres ?. Si nous investissons la matière de la vie et sa jouissance, ne suscitons-nous pas des incarnations ?.Si nous contactons des mondes parallèles ou intermédiaires par la nécromancie, le spiritisme, la transcommunication ne procurons nous pas de l’énergie à des entités d’univers parallèles ou du multivers ?. Un travail de libération serait-il « spirituel » en ce sens qu’il constituerait un retour à « l’Etre ». En dissolvant notre bardo de vie, nous exercerions notre compassion par l’ascèse pour un retour à l’unité originelle. Nous nous trouvons là dans les thèmes contemporains qui nous sont si chers :vie sexualité, mort, idées, pensées. Ainsi, le docteur Raul Hawary peut écrire : « la spiritualité n’est pas seulement dans les beaux discours sur la vie ou les belles pensées d’éveil. Elle est aussi la plongée dans les bas-fonds fangeux de notre âme, dans la perversion la saleté (sic !) de notre sexualité, dans l’horreur que nous inspire la mort qui nous attend. La spiritualité ne fait aucune différence entre ces considérations. Elle les estime toutes de la même manière sans aucune distinction d’aucune sorte et avec la même compassion. Elle les sait toutes unies de l’Esprit. Il n’y a aucun travail spirituel digne de ce nom, aucun éveil, aucune sagesse possible sans l’intégration de toutes les composantes de l’existant. La spiritualité est aussi bien dans la plus subtile pensée de sagesse que dans l’immonde diarrhée puante que nous venons de faire et humons avec plaisir (sic !) Elle est dans les fantasmes sexuels les plus pervers ….. ( und so weiter, et ainsi de suite j’abrège car l'auteur ne recule pas devant les images les plus crues). Mais il s'agit nous-mêmes identifiés à notre ego duel, ce qu’avait très bien vu Jung dans son analyse de l’ombre ( voir infra). C’est dans la dissociation entre le présent de la spiritualité et le constant ailleurs de notre conscience que s’inscrit l’ignorance ,source de la souffrance. Or nous n’avons aucune connaissance de la raison d’existence des évènements qui nous arrivent ou arrivent aux autres. L’enflure de l’ego est telle que chacun commence ses phrases par la redondance « moi, je ». Personne ne sait quoique ce soit. Le monde est trop complexe. Pourtant les humains sont persuadés de tout connaitre et pour cette raison les échanges s'avèrent parfois difficiles.
Petite métaphysique :
Au commencement se trouve l’Etre ou Dieu qui est le principe de la manifestation. Nous sommes dans le domaine de l’ontologie polarisé par la substance (élément passif) et l’essence (élément actif). Puis viennent « la manifestation informelle » avec les états angéliques (ou pensées de Dieu), la manifestation subtile correspondant aux états animiques et au psychisme, puis la manifestation grossière avec l’état corporel.